Méthane et réchauffement climatique

HISTOIRE de la "bombe" méthane à travers le réchauffement climatique de la Terre

Le méthane est une véritable bombe climatique, un amplificateur du réchauffement climatique prouvé lors des plus grands bouleversements climatiques majeurs que la Terre a connus :

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il y a 245 millions d'années, extinction du Permien, la plus grande extinction d'espèces que la Terre ait connue
- il y a 55 millions d'années, fin du Palocène
- il y a 20 000 à 60 000 ans lors des prémices de la fin de la dernière glaciation

MODIFICATION DES VALEURS D'ÉQUIVALENCE CO2e DU MÉTHANE

Une récente étude scientifique vient de réévaluer de 14 % la valeur d'équivalence CO2e du méthane qui passe de 28 t CO2e/tCH4 à 32 t CO2e/tCH4 à l'année horizon de 100 ans

Toutes les valeurs précédentes aux différents stades d'évolution du méthane dans l'atmosphère à différentes époques, se trouvent donc, elles aussi, modifiées en conséquence.

http://dr-petrole-mr-carbone.com/rechauffement-la-...
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL0...
http://www.reading.ac.uk/

http://cicero.uio.no/en

ÉQUIVALENCE CO2 du méthane en terme de réchauffement planétaire
L'article de 2 chercheurs français du GIEC, Benjamin DESSUS et Bernard LAPONCHE sur le "forçage radiatif et PRG du méthane dans le rapport AR du GIEC" du 7 mai 2014 publié dans les cahiers de GLOBAL CHANCE - N°35 - Juin 2014 nous rappelle l'importance du méthane sur le réchauffement climatique.
Si le CO2 reste le 1er responsable du réchauffement climatique avec 56 % (forçage radiatif), il n'en demeure pas moins que le CH4 (méthane) est responsable pour 32% du réchauffement climatique loin devant les autres gaz (N2O 6% - HFC et ozone non lié au CH4 6%).
Il est important de souligner que ces valeurs sont données pour un pouvoir de réchauffement global (PRG) à 100 ans et que le GIEC a revu à 3 reprises cette valeur à la hausse en ce qui concerne le CH4 passant de 21 à 25 (RE4) puis à 28 (RE5) tonnes équivalent CO2 par tonne de méthane (CH4), le PRG du méthane à 100 ans.

Mais 100 ANS n'est-ce pas un peu "lointain" voire trop tard d'autant que la durée de vie moyenne du méthane dans l'atmosphère n'est que de 10 ans ?...
L'article précité de Benjamin DESSUS et Bernard LAPONCHE donne les valeurs du CH4 (méthane) en équivalence CO2 en terme de PRGP (Potentiel de Réchauffement Global Pérenne) à différentes périodes inférieures à 100 ans.

Variations des calculs en « équivalent CO2 » des émissions de gaz à effet de serre selon l’échelle de temps prise en compte (10, 20 et 100 ans), pour les émissions de 2008. Le CO2 est en rouge, le CH4 en marron. Doc. IPCC

URGENCE du méthane

Le 12 décembre 2016, une équipe coordonnée par Stefanie Kirscke, composée de Marielle SAUNOIS, LSCE (UMR 8212) du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, en collaboration avec le CEA et le CNRS, Philippe Bousquet Professeur à l'UVSQ, Philippe CIAIS ingénieur et chercheur au CEA, publiait une étude très complète réalisée avec 80 chercheurs de tous les pays sur l'accélération de la croissance des émissions de méthane depuis 2007.
Rapport complet : http://www.globalcarbonproject.org/methanebudget/

Une nouvelle étude précise l’évolution des sources et puits de méthane depuis 30 ans.
Même si les observations montrent que les concentrations de méthane dans l'atmosphère sont désormais 150% supérieures à ce qu'elles étaient avant le début de la révolution industrielle, les causes de leurs variations depuis quelques décennies restent largement mal comprises à la fois à l’échelle de la planète et à l’échelle de chaque continent..
L'étude publiée en ligne le 22 Septembre dans la revue Nature Geoscience par une équipe scientifique internationale menée par le LSCE (CEA-CNRS-UVSQ) propose un bilan du méthane atmosphérique et de son évolution au cours des trente dernières années.
Selon Stefanie Kirschke, qui a coordonné l’étude, « ce travail de trois années a permis de produire l’étude la plus complète à ce jour sur les bilans mondiaux et régionaux des sources et puits de méthane, second gaz à effet serre anthropogénique».
Co- auteur de l'étude et professeur à l’UVSQ, Philippe Bousquet, a déclaré que le méthane est responsable d'environ 20 % du réchauffement induit par les gaz à effet de serre à longue durée de vie depuis l'époque pré-industrielle.
Marielle Saunois, enseignante chercheur au LSCE-UVSQ ayant participé à l’étude, indique que, «bien que la plupart des sources et des puits de méthane ont été identifiés, leur contribution individuelle aux niveaux de méthane dans l'atmosphère et à leurs variations reste encore très incertaine.
Notre étude propose un état des connaissances complet sur les bilans décennaux de méthane ainsi que des scénarios plausibles pouvant expliquer la stabilisation observée des concentrations dans l'atmosphère dans le début des années 2000, et la nouvelle hausse après 2006
».
Philippe Bousquet poursuit, « le Méthane atmosphérique est resté stable entre le milieu des années 1990 et 2006, probablement à cause d’une baisse (ou d’une stagnation) des émissions associées à l’exploitation des ressources fossiles et à la culture du riz, combinée à une augmentation (ou une stagnation) des émissions microbiennes, comme celles des zones inondées ou des décharges.
Depuis 2006 nous montrons que la hausse des émissions de méthane des zones humides naturelles ainsi que celle des émissions associées à l’exploitation des ressources fossiles sont susceptibles d'expliquer la nouvelle hausse des niveaux de méthane dans le monde. Cependant les proportions de chacune de ces sources restent encore incertaines
».
L’article montre en effet que les variations interannuelles des concentrations de méthane sont largement influencées par la variabilité des émissions des zones humides naturelles dans les tropiques et dans les régions des hautes latitudes de l'hémisphère Nord, et dans une moindre mesure par les incendies de grande ampleur.

L'étude a révélé de plus que :
les sources humaines d'émissions de méthane représentent 50 à 65 % des émissions totales.
• les modèles représentant les différents processus des émissions naturelles de méthane conduisent à un total des émissions naturelles probablement trop fort par rapport au méthane mesuré dans l’atmosphère,
• la composante fossile des émissions totales de méthane, liée au méthane formé il y a plus de 50000 ans, pourrait représenter jusqu‘à 30% des émissions totales bien que ce résultat soit encore discuté. Les émissions fossiles regroupent à la fois des émissions naturelles (d’origine géologique avec une très faible contribution des hydrates de méthane), et des émissions anthropogéniques (exploitation du charbon, du pétrole et du gaz).
Certaines sources de méthane peuvent potentiellement fortement augmenter dans les décennies à venir.
Ainsi Philippe CIAIS, ingénieur-chercheur au CEA, indique que «les hydrates de méthane et la décomposition en méthane du pergélisol jouent à ce jour un rôle très faible dans le bilan planétaire du méthane, mais leur contribution pourrait augmenter vers la fin du 21eme siècle si le climat des régions Arctiques se réchauffe fortement. Cela pourrait en retour fortement accélérer le réchauffement climatique».
Philippe Bousquet déclare de plus qu’ «une exploitation intensive du gaz de schiste pourrait avoir des conséquences sur les concentrations de méthane dans l’atmosphère mais le manque de mesures sur le terrain ne permet pas aujourd’hui de quantifier précisément ces changements».
Philippe Ciais indique qu’ «une meilleure quantification du bilan mondial du méthane, avec des mises à jour régulières comme pour le dioxyde de carbone, est un élément essentiel pour suivre au plus près l’évolution de ce gaz dont le bilan est encore assez mal compris».
L'étude a été menée par le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE) en France, unité mixte de recherche CEA-CNRS-UVSQ, dans le cadre des activités du projet Global Carbon (EU-FP7) et sous le couvert du Global Carbon Project, initiateur du travail.

Les mesures effectuées par les scientifiques (Obervations) montrent que les émissions de CH4 nous entraînent vers le pire des scénarios du GIEC, une hausse de 3,2 à 5,4°C à l'opposé de ce qui a été prévu et convenu lors de la COP21 !

Corrélation entre concentration atmosphérique de CO2, températures et concentration de CH4 atmosphérique

Historique des émissions de méthane depuis 1970.
Source : banque mondiale