La genèse du projet

"C'est parce que l'intuition est surhumaine qu'il faut la croire ; c'est parce qu'elle est mystérieuse qu'il faut l'écouter ; c'est parce qu'elle semble obscure qu'elle est lumineuse." Victor Hugo

En 2001, après avoir étudié la viabilité économique de la valorisation des biogaz de décharges ISDND (Installations de Stockages des Déchets Non Dangereux) j'ai compris que :

- l'intérêt économique et environnemental était (très...) faible, malgré le tarif d'obligation d'achat de  l'électricité produite par EDF

- le risque était très important avec un payback qui, dans le meilleur des cas, était supérieur à 10 ans... mais pouvait ne jamais exister du fait de l'impossibilité à prévoir précisément l'évolution qualitative et quantitative d'un gisement de biogaz de décharges ISDND

- les redondances de pollutions étaient nombreuses : huiles, filtres...

- qu'il y avait une très forte contrainte qualitative des biogaz avant injection dans les moteurs à combustion interne, (turbines et moteurs à explosion) nécessitant la mise en place d'une véritable usine à gaz pour nettoyer parfaitement les biogaz des éléments destructeurs de moteurs tels que les siloxanes, présence de siloxanes facilement repérable lors de la casse des moteurs qui n'étaient alors plus garantis : la perte totale !

- des nouvelles opérations de maintenances régulières de cette usine à gaz diminuaient encore le temps de fonctionnement et donc éloignaient encore plus le payback...

- que les nouvelles opérations de maintenance de l'usine à gaz elles-mêmes produisaient une nouvelle redondance de déchets : filtres en tous genres... un bilan environnemental extrêmement mauvais...

- le prétraitement des biogaz revenait au double du coût du générateur à combustion interne, la facture triplait et le retour sur investissement s'éloignait définitivement...

- que la taille minimale des générateurs à combustion interne ne pouvait correspondre qu'à des gros gisements de biogaz supérieurs à 250 m3/h de CH4 (méthane)

Pour résumer : intérêt économique et environnemental inexistant pour les gisements inférieurs à 250 m3/h de CH4 (méthane). Très aléatoire au dessus 250 m3/h de CH4 comme le prouvera plus tard en 2015 l'étude E-cube sur les retours d'expériences avec un taux de 94% de sites ayant rencontrés des "aléas"... et 65% (!!!) en pertes...
http://atee.fr/sites/default/files/2015-11-26_etat...

Rapidement, j'ai compris que le problème venait de la combustion interne des générateurs qui exigeait un combustible propre, tout comme il est impossible de rouler avec une voiture en utilisant du pétrole brut non raffiné.

Je me suis alors intéressé aux moteurs à combustion externe, tandis que la stratégie de développement de la société changeait pour se positionner sur le traitement des lixiviats (jus de décharges) par unités mobiles d'osmose inverse, activité économique et environnementale beaucoup plus intéressante avec beaucoup moins de risques économiques et environnementaux, mais chasse gardée des 2 grandes multinationales de l'eau... ce que je ne comprendrai que plus tard...

En 2005, guidé par mon intuition, j'ai décidé d'approfondir la possibilité

de valoriser TOUS LES TYPES DE MÉTHANE pour les transformer en

électricité en utilisant un nouveau type de générateur à combustion externe innovant.
- méthane des biogaz de décharges ISDND
- méthane des biogaz agricoles
- méthane des biogaz des anciennes mines de charbon, plus communément appelé "grisou"
- méthane extrait des puits de pétrole en activité, en particulier celui des plateformes offshore
- méthane des puits de pétrole inactifs, en fin de vie
- méthane des déchets de table issus de la RHF (Restauration Hors Foyer)
- méthane des biogaz des STEP (STations d'Épuration Publiques)

J'ai autofinancé des travaux de recherche et de dimensionnement d'un générateur à combustion externe pour valoriser tous les types de méthane précités.
J'ai ensuite demandé à l'IFP de réaliser une simulation thermodynamique dans ses simulateurs de Rueil Malmaison pour vérifier que cela fonctionnait.
L'IFP a confirmé le fonctionnement du générateur dimensionné.

J'ai vainement cherché des fabricants de générateur à combustion externe viables économiquement et sur le plan environnemental mais je n'en n'ai pas trouvés.

J'ai étudié les raisons pour lesquelles ceux qui avaient essayé de réaliser ce genre de générateurs avaient échoué.
Ils n'avaient pas tous échoué sur le plan du fonctionnement et/ou des performances mais sur d'autres points économiques et environnementaux essentiels.

De 2008 à 2015, j'ai vainement essayé de trouver des financements pour le prototype, mais l'impossibilité du cabinet d'ingénierie en charge de la fabrication du prototype de s'engager sur un montant précis pour sa prestation, entre 500 000 euros et 3 millions d'euros, ne facilite pas la levée de fonds pour fabriquer ce prototype.

Pourtant, l'urgence climatique accentue l'impérieuse nécessité de réaliser cet outil de réduction du réchauffement climatique qui transforme en électricité un gaz extrêmement puissant en terme de réchauffement climatique.